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Lettre à Inès Bayard, auteur du roman "Le Malheur du bas"

mardi 16 octobre 2018Comité de rédaction

Maëlle, du lycée Victor Hugo à Paris, a écrit une lettre à Inès Bayard.

Paris, le 23 septembre 2018

Madame Bayard,

Je m’appelle Maëlle, j’ai 16 ans et j’ai lu Le Malheur du bas. Depuis, je n’ai qu’une question en tête : pourquoi ? Pourquoi avoir écrit ce livre ? Ma question n’est pas un reproche, vous savez, je suis vraiment curieuse de savoir ce qui vous a poussée à vous lancer dans l’écriture de ce roman. Vous avez réussi à rendre lisible cette atrocité qu’est le viol et j’en suis très admirative dans un sens. J’ai même l’impression d’en être reconnaissante car je pense à ces milliers de femmes victimes du viol. Je me rends compte que cette situation existe vraiment. Vous avez tiré de ce sujet une vraie réalité, vous l’avez mis en relief et rendu concret surtout.

Avant de lire votre livre, je vous assure que je ne pensais pas pareil. Pour moi, le viol est cette chose atroce dont souffrent des femmes, une angoisse qui inquiète les mères quand on sort le soir... Cela me paraissait même irréel mais cela, je ne l’ai remarqué qu’après avoir terminé ma lecture.

Maintenant, dans ma tête, ce n’est plus la même chose. Maintenant, le viol n’est plus qu’un mot, il est une réalité, il vit. Il persiste. M’en serais-je rendu compte un jour si je n’avais pas lu Le Malheur du bas ?
Je ne sais pas, je suis incapable de répondre à cette question. Pourtant, vous avez éclairé un endroit obscur de ma tête. Vous m’avez fait réaliser énormément de choses. Pour dire ça plus joliment, vous m’avez ouvert les yeux, Madame Bayard.

Vous savez, j’ai maintenant envie de me battre. Pour ces femmes incomprises, désespérées, qui ont dû pour la plupart garder ce secret, ou plutôt, ce fardeau ! Je ne pourrai certes sans doute jamais les comprendre totalement mais je voudrais tenter cet effort, les aider à se relever, et ce grâce à vous.

Il m’est parfois arrivé, en lisant, de perdre mes moyens. Mais jamais autant qu’avec ce livre. J’étais parfois trop choquée pour continuer à lire, d’autres fois en colère, et d’autres encore trop touchée. Mais la douleur de Marie ne faisant que s’accentuer à chaque page, j’ai surtout senti la rage qui bouillonnait en moi. Le pessimisme rendu au travers de l’histoire de Marie m’a traumatisée autant qu’il m’a révoltée ! Ce que je retiens, c’est que j’ai pu accéder à cette réalité et ce, grâce à vous, à votre plume. Cette plume brusque, hardie, révoltée, libérée, envolée.
Merci madame Bayard.

Très sincèrement,

Maëlle, élève de 1L2 du lycée Victor Hugo