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Le cheval au galop de Meryem Alaoui - Journal du Goncourt des lycéens
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Le cheval au galop de Meryem Alaoui

mercredi 10 octobre 2018Comité de rédaction

Jeanne du lycée de Castelnaudry nous partage son impression de lecture de La vérité sort de la bouche du cheval.

« Quand j’ai fini de travailler, je ne perds pas de temps. Je baisse ma jellaba, y lisse un pli et j’attends. Que celui du moment remonte sa braguette ou fume sa cigarette. Et qu’il descende pour que je retourne à ma place et en harponne un autre ». Cette phrase, c’est la première chose que j’ai dite à Halima quand elle est arrivée. Il y a une semaine. »
Cette histoire, c’est Jmiaa qui nous la raconte. Jmiaa, une prostituée de 34 ans qui vit seule avec sa fille Samia après que son mari les a quittées pour l’Espagne. Mais elle ne s’embarrasse pas de tristesse, de regret ou de pudeur, refusant de s’apitoyer sur son sort, quitte à se draper d’une fierté comique sans jamais toutefois verser dans le grotesque.
Sans langue de bois, elle nous raconte son quotidien à Casablanca, entre les virées avec son amoureux Chaïba, les altercations avec « cette salope d’Hajar », du trottoir d’en face, sa fille, mais aussi ses visites chez sa mère, Mouy, qui ignore tout de ses activités, le tout ponctué de flash-back sur son passé, son histoire d’amour avec son mari Hamid qui tourne lentement au vinaigre.
Puis son quotidien est bousculé par l’arrivé de Chadlia, productrice hollandaise surnommée « Bouche de cheval » par Jmiaa, à cause de son grand sourire, qui lui demande son aide pour réaliser un film.
J’ai bien moins apprécié la deuxième partie du livre, où Jmiaa décroche le premier rôle du film de Bouche de cheval. En effet, le récit, à la fois drôle et familier, s’efface alors pour laisser place à une sorte de conte de fée moderne, qui, selon moi, manque de l’authenticité et de la sincérité qui faisait tout le charme du livre ; de même, la fin me semble beaucoup trop cliché et « happy end ».
Néanmoins le livre reste très agréable à lire, en particulier, grâce au personnage attachant de Jmiaa et à sa façon singulière de s’adresser au lecteur, le tutoyant ou l’apostrophant, ainsi que par le naturel et la familiarité avec laquelle s’exprime : tout cela nous donne l’impression de nous tenir auprès d’elle pendant qu’elle nous raconte l’histoire.
Dans La vérité sort de la bouche du cheval, Meryem Alaoui nous livre ainsi un récit drôle et percutant, d’une sincérité touchante mais surtout d’une authenticité qui nous apporte un vent de fraîcheur chargé des senteurs épicées du marché de Casa.

- Jeanne