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Critique de ’Les choses humaines ’ par la Terminale Littéraire du Lycée Marcelin Berthelot

mercredi 6 novembre 2019comiteredaction2019

Nina MORISSEAU de TL nous a envoyé une critique du livre Les choses humaines de Karine TUIL.

Les choses humaines
mises à nu

Les choses humaines mettent en lumière une famille irréprochable. Jean est un journaliste politique adoré du grand écran, Claire une essayiste discrète mais brillante et leur fils, étudiant émérite, s’apprête à entrer à l’université de Stanford. Séduisant tableau domestique qui ne doit son magnétisme qu’à un père charismatique. Seulement, ce n’est que la partie visible de l’iceberg : culte maladif de l’apparence, quête de pouvoir, infidélités se tiennent tranquilles sous la surface de l’eau. Du moins c’est ainsi qu’étaient les choses avant qu’une accusation de viol ne vienne troubler les vies si bien rangées de la famille Farel, risquant de faire tomber les masques.
Auteure à ce jour de onze romans ayant chacun eu leur part justifiée de succès, Karine Tuil revient sur le devant de la scène littéraire avec une sixième nomination au Prix Goncourt. Depuis les années 2000, elle nous fait voyager dans la psychologie humaine avec brio et Les choses humaines ne déroge pas à la règle : préparez-vous à recevoir une claque (voire plusieurs). Rapports homme-femme, luttes de pouvoir, notion de consentement : vous ne vous ennuierez pas.
« La déflagration extrême, la combustion définitive, c’était le sexe, rien d’autre – fin de la mystification. » C’est avec puissance que Karine Tuil nous accueille dans ce monde cruel qui est le nôtre. Car son roman, bien qu’il soit fictif, s’ancre profondément dans notre société ; et les racines de son récit n’auront de cesse de se faufiler insidieusement dans vos pensées. Des questions (et seulement des questions) fleuriront dans votre esprit car la romancière restera d’une impartialité sans faille tout au long de l’histoire. Elle ne cherche pas à vous convaincre et encore moins à vous persuader de quoi que ce soit. Le livre, à plusieurs reprises, vous laissera sans-le-souffle et emprisonnera votre regard. Le rythme soutenu de la narration est ponctué de ruptures saisissantes. Les longues phrases souples laissent place à de courtes affirmations sans fard, laissant entendre des propos crus, déstabilisants. Simple spectateur, le lecteur assiste à une mise à nu implacable, intransigeante de chaque protagoniste. Les faits relatés sont tragiques, et Karine Tuil retranscrit avec justesse le processus médiatique étouffant lié aux procédures judiciaires anxiogènes. Son habileté à dépeindre les maux de la société fait toute la force de son roman. Ne laissez pas cet ouvrage s’ennuyer sur une étagère, lisez-le !

Pour le comité de rédaction, Lola