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Interview de François Vallejo - Journal du Goncourt des lycéens
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Interview de François Vallejo

mardi 4 décembre 2018Comité de rédaction

Avant la clôture des rencontres nationales, nous avons pu interviewer François Vallejo, auteur d’Hôtel Waldheim, son treizième roman.

Quelles ont été vos inspirations pour ce roman ?

« Ecrire ce roman, c’était d’abord revenir sur une période de ma propre vie, mes 16 ans. Je voulais utiliser cette matière personnelle sans raconter ma vie telle quelle. Tous les personnages importants rencontrés à l’époque, je voulais en faire un matériau romanesque. S’ajoute à cela la découverte de la reconstitution des archives de la Stasie, une mémoire qui avait été détruite et qui a été reconstituée. C’était parallèle à ma propre mémoire. C’est à dire qu’il y avait la mémoire individuelle de l’époque et puis une mémoire en morceaux de l’époque de la Guerre froide qui pouvait être reconstituée. Donc la rencontre entre l’histoire individuelle et la grande Histoire devenait une possibilité narrative intéressante. »

C’est une période importante pour vous la Guerre froide ?

« Quand j’avais 16 ans, c’était l’horizon historique qu’on avait autour de nous. Quand on est né dans la Guerre froide on n’ imaginait absolument pas qu’un jour ça pouvait s’arrêter. C’était une sorte d’obligation et même si parfois c’était plus calme, parfois plus agité, c’était notre horizon d’histoire. Ce qui était étonnant, c’est de découvrir que 13 ans après ça s’est écroulé comme ça en très peu de temps, en quelques semaines. Aujourd’hui, c’est presque oublié. On sait que ça a existé mais c’est un bout d’histoire presque disparu. »

D’où vient le nom d’hôtel Waldheim  ?

« Je l’ai choisi parce que c’était le nom réel d’un hôtel dans lequel j’étais allé et où j’avais rencontré ces gens. Donc, je ne suis pas allé chercher loin. Mais ça n’a rien à voir avec un personnage qui a eu sa gloire un peu nauséabonde à la même époque et qui s’appelait Kurt Waldheim. Il était Chancelier autrichien. Parfois on me demande s’il y a un lien mais ce n’est pas le cas. En fait pour moi il s’agissait d’un lieu réel avec des personnages en partie réels. »

Avez-vous voulu faire passer un message ?

« Il n’y a pas de message au sens direct qui pourrait être formulé comme ça en une simple phrase. Quand je fais des livres, ce n’est pas pour prouver quelque chose. En général les livres à message, ça me casse les pieds. En revanche, ce qui est important dans un récit pour moi c’est qu’il y ait malgré tout une matière de réflexion, des questions qui se posent, des questions sur l’histoire, des questions sur la mémoire, sur la responsabilité… Je n’ai pas un message à délivrer mais au moins un questionnement : est-ce qu’on peut nous reprocher d’avoir vu ou fait certaines choses sans le vouloir ?
Je veux que les lecteurs réfléchissent avec moi mais je ne tiens pas à donner la réponse aux lecteurs en leur disant : "Voilà ce qu’il faut penser !".
Chaque lecteur peut se dire : "pour moi on est responsable de tout" ou au contraire "quand on n’a pas eu d’intentions mauvaises, on n’est pas coupable". Chacun peut y mettre sa propre version et nourrir sa réflexion. »

Merci à François Vallejo pour cet entretien !

Estelle et Melvin, du comité de rédaction