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Des romans qui font la part belle à l’adolescence - Journal du Goncourt des lycéens
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Des romans qui font la part belle à l’adolescence

mercredi 21 novembre 2018Comité de rédaction

Paul, élève de seconde au lycée Rochambeau à Washington DC, nous raconte comment est abordée l’adolescence dans (La Vraie Vie) d’Adeline Dieudonné et dans (Hôtel Waldheim) de François Vallejo.

Dans la sélection 2018 du Goncourt des lycéens, la moitié des romans possède des personnages principaux adolescents. Cela va de personnages adolescents pendant toute la durée du roman (Hôtel Waldheim), à des personnages principaux qui passent de l’enfance à l’adolescence (La Vraie Vie) ou à l’âge adulte (Maîtres et Esclaves). C’est également le cas dans La Révolte, Quand dieu boxait en amateur, Leurs Enfants après eux, mais nous allons nous focaliser ici sur Hôtel Waldheim et La Vraie Vie, des romans présentant des personnages intéressants et évoluant fortement au cours du récit.

La Vraie Vie est un roman raconté par une petite fille devenant une jeune fille et vivant dans un foyer violent et sans affection. À l’âge de 10 ans, elle et son jeune frère vivent un traumatisme qu’elle est capable de surmonter, mais son frère, plus jeune et moins mature, n’est pas capable, lui, de surpasser ce choc émotionnel fort, et sombre dans un mutisme total. La narratrice se donne alors pour objectif de guérir son frère en créant une machine capable de remonter dans le passé pour éviter l’accident. Cela ayant échoué, elle dédie ses efforts à sortir de cette vie misérable grâce à l’éducation. Après plusieurs péripéties sur une période de 5 ans, l’histoire arrive à un point où le père enragé, s’apprête à faire du mal à sa fille mais est tué par son fils. Le pistolet utilisé pour le meurtre ne ressemble à aucune arme identifiable de nos jours, nous donnant un indice pour penser que la jeune fille a vraiment réussi à retourner dans le temps. Dans le roman d’Adeline Dieudonné, le choix d’une narratrice adolescente n’est pas anodin, il a une grande importance sur la façon dont le roman est écrit. La narratrice impose une simplicité dans l’écriture du roman : une histoire écrite avec un vocabulaire complexe ne conviendrait pas à une petite fille de 10 ans. De plus, l’histoire est écrite au présent ce qui fait qu’il n’y a pas d’hésitations dans les détails, et les émotions sont exprimées telles que l’enfant puis l’adolescente les ressent. A la fin du roman, la narratrice est devenue une jeune fille mûre et s’exprime dans un langage plus élaboré, plus riche aussi.

Hôtel Waldheim est l’histoire d’un homme adulte qui, un jour, reçoit une carte postale mystérieuse. Après avoir fait le lien entre cette carte et une femme, il apprend la raison pour laquelle elle l’a contacté. Le père de Frieda avait séjourné dans le même hôtel que lui lorsqu’il était adolescent, mais, ayant étrangement disparu suite à l’un de ses séjours, elle voulait en savoir plus. Lors de leurs différents rendez-vous, elle le pousse à se remémorer son séjour à l’hôtel Waldheim. Dans ce roman se situant à moitié dans l’adolescence, et à moitié dans l’âge adulte, le point de vue adolescent est crucial, car sans les retours en arrière et les anecdotes, l’histoire serait moins intéressante. Une autre chose à préciser ; à savoir qu’à travers cette confrontation entre l’adolescence et l’âge adulte, nous pouvons voir évoluer le regard de l’homme adulte sur le jeune homme qu’il a été.

En conclusion, qu’ils nous transportent dans un lotissement de banlieue des années soixante-dix ou dans la très chic station de Davos à l’époque du rideau de fer, ces romans font la part belle à l’adolescence, un peu comme si c’était l’âge le plus important de la vie ! Avec des mots simples qui font mouche, des personnages déjà pleins de caractère, et le regard attendri d’un adulte qui regarde en arrière, voilà des romans qui nous parlent, à nous lecteurs de ce 31ème Goncourt des Lycéens.

Paul, élève de seconde au lycée Rochambeau à Washington DC