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Le beau dieu noir de Saint-Flour - Journal du Goncourt des lycéens
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Le beau dieu noir de Saint-Flour

dimanche 22 octobre 2017Comité de rédaction

Et oui ! Les 1ère L du lycée de Saint-Flour sont allés rendre hommage à Bakhita à la cathédrale de Saint-Flour !

Hommage à Bakhita

Les élèves de 1ere L se sont rendus à la cathédrale de Saint-Flour où un Christ noir appelé aussi « le beau dieu noir de Saint-Flour » est installé dans la nef. Classé monument historique en 1908, le Christ noir a été daté du 12e siècle. Il est sculpté dans du noyer et atteint presque les deux mètres. Il était à l’origine polychrome et des fragments de couleurs sont encore présents dans les plis du perizonium. Il a été ensuite noirci à une date imprécise au cours du 19e siècle, selon une mode en vigueur à cette époque, qui s’observe aussi pour les Vierges en majesté romanes d’Auvergne.

Devant ce Christ noir, Delphine Hébrard, professeur de lettres, a lu l’extrait du roman de Véronique Olmi où Bakhita trouve définitivement sa place.

« Au dessus du maître-autel, la Madone est couverte d’or, elle porte une couronne sertie de pierres précieuses, et dans ses bras, l’Enfant Jésus est aussi richement paré qu’elle. Leurs visages sont plats, leurs mines impassibles, leurs regards lointains. Bakhita ne savait pas que cette Madone existait. Ne pensait pas que ce soit possible. Elle ne l’a jamais vue auparavant. Dans aucun livre de catéchisme, aucune image pieuse et aucun rêve non plus. Mais cette Vierge et son Fils, Madre Fabretti a raison, sont comme elles. Tous deux ont la peau noire. Elle les regarde et elle ne comprend pas. D’où viennent-ils ? Sont-ils vraiment la Vierge et son fils Jésus-Christ ?
- Ils sont adorés des Vénitiens depuis de siècles, Giuseppina. Tu vois ? Tu comprends maintenant que tu es comme les autres ?
C’est la Madre ?
- Et bien sûr, c’est la Madre. La Madone noire.
- Et les anges, aussi.
Madre Fabretti ne les avait jamais remarqués, mais c’est vrai, à l’arrière-plan, les deux petits anges ont le visage noir.
Tu vois, Giuseppina, vous êtes cinq Noirs : un, deux, trois, quatre, cinq. Et moi… je suis toute seule. La seule Blanche.
Bakhita lui sourit.
Alors je te protège !
Et elles essayent de ne pas rire trop fort dans l’imposante basilique qui accueille ce soulagement inattendu.

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