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Zoom sur Daniel Picouly - Journal du Goncourt des lycéens
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Zoom sur Daniel Picouly

jeudi 18 octobre 2018Comité de rédaction

“On est accueilli comme des stars” - Daniel Picouly.
C’est, après son moment privilégié avec les lycéens pendant les rencontres régionales de Rennes, que nous avons pu l’interviewer.

photo © Wikipédia

Combien de temps avez vous mis pour écrire Quatre-vingt-dix secondes ?

- “Ça un auteur ne sait jamais ! Il y a des livres tu y réfléchis pendant 10 ans…20 ans même ! J’ai des sujets qui sont là (désignant sa tête) depuis très longtemps ! Par exemple, celui-ci vient de mon grand-père et cela fait longtemps qu’il traîne dans ma tête. Au départ, je ne voulais pas parler du chagrin de mon grand-père. Mais son chagrin il date de 1902 ! Et l’histoire je la connais mais il faut qu’elle mature et il faut surtout qu’on trouve non pas l’histoire mais le moyen de la raconter. Un moyen singulier, particulier, parce que chaque histoire doit trouver sa façon d’être racontée. Et le fait que la montagne Pelée parle eh bien peut être qu’il y a 10 ans ou 15 ans mon écriture aurait été différente. Aujourd’hui, je me sens capable de faire parler une montagne. Donc je ne sais pas réellement combien de temps j’ai mis, je suis incapable de le dire parce que je vous avoue que j’écris plusieurs choses en même temps. Avant même d’avoir fini celui-ci, j’était déjà en train d’écrire le suivant qui est en même temps un prolongement de celui-là.”

Mais alors qu’est-ce qui vous a décidé à l’écrire maintenant ?

“Alors ce qui m’a décidé, c’était d’abord parce qu’il y a eu la guerre de 14/18 avec tout le centenaire. Donc, j’ai d’abord écrit sur la guerre de 14/18 de mon grand-père. J’avais alors déjà étudié la vie de mon grand père et donc cette anecdote était déjà en germe dans mon livre précédent. Donc ça m’a paru tout naturel de la reprendre. J’avais été nourri de mémoire avec mon grand-père, j’avais étudié la Martinique avec ce qu’il s’ y passait. Donc, je pouvais maintenant passer à Saint-Pierre. Il y a une continuité territoriale dans les 2 livres”

Pourquoi avoir mis autant de descriptions ?

“C’est parce que tout a disparu. J’avais le désir de montrer le lien brisé entre l’homme et la nature. Et mon but, à la fin du livre, était qu’on regrette St Pierre ! Voilà ce que je voulais”

Qu’est-ce que vous pensez retenir de cette expérience du Goncourt des lycéens ?

“Eh bien dans une expérience comme celle-là, j’ai à la fois la découverte et la confirmation. La confirmation de l’attrait des gens pour la lecture, si on les accompagne, si les adultes font leur travail avec vous les jeunes. Quand on y pense une organisation comme celle-ci, c’est beaucoup de moyens. Ça veut dire que des gens ont investi dans l’idée qu’en mettant des moyens dans la lecture, ils allaient intéresser des jeunes gens. C’est de ça qu’il faut parler et retenir de cette aventure. On est dans un pays où on peut discuter de livres. C’est une réelle chance”.