Warning: file_get_contents(/proc/loadavg): failed to open stream: Permission denied in /home/www/clemibretagne/www/JDGL2019/config/ecran_securite.php on line 378
Ateliers d’écriture poétique - Journal du Goncourt des lycéens 2019
bandeau site
Journal du Goncourt des lycéens 2019 Envoyez-nous vos contributions ici :
jdgdl2019@ac-rennes.fr
embed
<iframe height="200" width="500" frameborder=0 scrolling=no src="http://journal-goncourt-des-lyceens.fr/spip.php?page=snip&id_article=108"></iframe>

Ateliers d’écriture poétique

vendredi 29 novembre 2019comiteredaction2019

En ce vendredi 29 novembre, les élèves présents aux Rencontres ont eu l’occasion de participer à un atelier d’écriture poétique. Dès 9h15, les lycéens se sont vu attribuer chacun une équipe, arborant le nom d’auteurs de la sélection : Coatalem, Dubois, Gaudy, Pauly, Spitzer, Tuil, Appanah et Quentin.

Le responsable de l’atelier a donné les règles du jeu : les élèves devaient relever, dans une sélection très variée de livres, des citations qui les inspiraient, sans prêter attention à l’ouvrage dont elles provenaient. Une fois le travail de recherche terminé, les élèves devaient créer un texte racontant une histoire.
Une fois ces consignes données, chacun s’est rendu dans sa salle et a empoigné son stylo.

Le but de cette activité est de rendre l’écriture accessible à tous les élèves en laissant libre court à leur imagination, quel que soit leur niveau à l’écrit.
Alors, quelle histoire voulez-vous raconter ?

Quelques exemples de textes

Fenxue, élève de première au lycée Pierre Mendès France à Rennes

Les fleurs sont courageuses, malgré les comédies qu’elles ont vues ; les fleurs sont généreuses, malgré les mécontentements qu’elles ont eus. Elles répandent leur sang sans se soucier de leur vie. Elles fanent si vite, épuisées d’avoir offert leur beauté à qui veut bien la voir. Les fleurs, une prise de possession du cœur.

Lou-Anne, élève de seconde au lycée Jaufré Rudel à Blaye

On commence à l’accuser car les ennemis sont doubles. Ils ont dit et répété tout ce qui déchire leur cœur, chacun se soumettait au miracle pour quitter la lumière blafarde des néons. Ils aimaient ces dialogues désabusés à l’issue desquels, généralement, ils finissaient par trouver une idée stupide. L’obscurité l’entoure, le reprend peu à peu, il crie, la poudre d’air chavire.

Camille Loviton, élève du lycée François 1er au Havre

Elle avait pourtant bel et bien attiré l’attention de quelqu’un. Sa tête cogna le sol sans que personne ne s’y attende, sa vision devint floue pendant quelques secondes. Alors telle est ma question : de ce fait, comment se fait-il que tout le monde est amoureux, partout, à tout bout de champ ?

Emilien Larue, élève du lycée Julien Wittmer à Charolles

J’avais simplement besoin d’un coup de main de sa part. En restant là, je savais que des policiers pouvaient arriver à n’importe quel moment. Puis finalement, je préférais dépasser les frontières. C’était le dernier soir que je passais sur mon tabouret au coin du feu. Comme un bus qui passait, j’y suis monté. Je voulais voir les lieux, aller au ciel.

Sépia Tlençani, élève de première du lycée François 1er au Havre

Pourquoi à moi ? Veux-tu que je reste ? Qui suis-je pour toi ? Pourquoi ça ? Souvent, on doit se contenter de l’odeur, d’un souvenir ou de quelques petites choses qui nous rappellent ces moments, ces personnes ou ces sentiments. L’Amour de ma mère, jamais plus. En quelque temps tout disparaît. Un autre jour, un autre mois, une autre année, mais ce n’est pas qu’une question de temps. A présent ? Il n’y a plus rien, plus de sentiment, plus de personne, plus de moment… Il y a trois jours, des gens vivaient encore ici, de plus en plus mal à l’aise ; tout et tout le monde est parti à cause de leur intimité perdue… Il ne reste rien, ni nos moments partagés, ni les personnes et, lors de leur départ, ils ont pris leurs bagages et mes sentiments.

Irène Richard

La France, c’est un rêve. Elle est pareille à une étoile qui brille. On entend la pluie qui exténue le marbre, le toc-toc de son cœur endormi. Et sous toutes les paroles, des uns et des autres, oui, le bonheur court toujours.

Anonyme

L’aube était sur le point de se lever, un souvenir dont je n’ai jamais parlé à personne.
Il n’emporte rien, où était-elle allée ?
Ce mélange d’attraction et de prédiction.
Ainsi je rebrousse chemin.

Marie Vieira, élève de première du lycée Julien Wittmer à Charolles

Elle se trouvait là, assise dans le sable, les pieds dans l’eau fraîche, elle pleurait. Face au silence de la mer, avec pour seule compagnie les étoiles, les yeux pleins de larmes, elle hurlait de douleur.
C’était la première fois qu’elle se retrouvait face à elle même, face à l’écho de ses émotions de jeune fille, elle n’avait jamais connu ça avant, c’était effrayant et réconfortant. La brise caressait son visage, le murmure des vagues lui rappelait tout ce qu’elle avait pu vivre au cours des derniers mois. Pas à pas elle se perdait dans ses pensées, les discussions avec grand-mère au coin du feu pour lui demander conseil, au printemps dernier quand avec Juliette elles s’étaient retrouvées aux jardins de la ville et avaient ri assises sur le banc de la fontaine à contempler la mer de roses qui ornait l’herbe fraîche. Les trois femmes de sa vie qu’elle admirait tant, grand-mère, maman et tante Augustine, ses trois femmes puissantes et inspirantes qui l’ont élevée, elle leur devait tout. Et pourtant, ce soir-là elle était seule, face au ciel fourmillant d’astres, elle espérait tellement voir le soleil accourir à son chevet, sentir sa chaleur sur son teint mat, sentir ses rayons traverser son cœur pour lui dire que tout ira mieux, elle espérait revoir les jours radieux aux aurores éclatantes, mais aurait-elle le courage d’affronter ses peines et ses pensées jusque-là. Grand-mère disait « On cherche toujours à façonner des clefs même s’il manque des serrures » mais que signifie cette phrase ?

Mélyne Robert

Par une belle journée limpide et sans nuages, un vertige horizontal se déclencha en moi et m’incita à courir, rouler, à perte de vue, à perdre haleine dans les gigantesques plaines nous entourant. Je restais finalement encore un peu assis sur le bord de la chaise, je n’eus pas le courage de m’en aller. Mon ami et collègue, Jean, m’avait invité chez lui. Nous étions toujours ensemble.
« Je ne voudrais être que le regard absent du promeneur », lui dis-je. Il me demanda pourquoi d’un air sérieux. Je ne savais pas comment lui répondre. Le silence plana.

Zoé Robin, élève de première du lycée François 1er au Havre

Un soir, alors que l’orage éclatait, un homme seul se baladait. Il ne faisait que se répéter que la solitude était une compagne silencieuse.
Par un jour de beau temps, une femme apparut devant lui, elle avait pour seul cortège le reflet de ses goûts. Ils parlèrent de tout de rien attablés autour d’un verre et l’homme lui demanda alors de lui écrire noir sur blanc que la solitude n’est qu’un manque de quelqu’un.

Félicie Bouleux, élève du lycée Saint Vincent à Rennes

Il y avait une dame dans l’hôpital. Elle était du même groupe sanguin que Télémaque. Ils étaient compatibles. Elle était vieille et elle avait un problème de foie. Elle était condamnée. C’était si rare de trouver son donneur dans le même hôpital, à quelques mètres de lui, qu’il avait voulu la rencontrer. Elle était toute jaune, surtout ses mains, jusqu’au bout des ongles, et déjà dans un état végétatif. Depuis, il disait qu’il allait recevoir le cœur de la femme aux mains d’or. Il le disait à ses amis de l’hôpital. Certains étaient si malades qu’ils n’avaient jamais vu la mer. Ils écoutaient la radio, le matin à 8 heures. Cette putain de radio qui diffusait des chansons qui parlaient de choses qui leur étaient étrangères comme un chant de la mort sociétale qui les consumait à petit feu. Ils étaient coupés de tout. Et pourtant, ils rêvaient.

Anonyme

Où cesse la solitude, surgit le danger. C’est bien beau d’avoir des fraises et des framboises mais les arbres ne poussent pas en tirant dessus. On pourrait dire que Kawa a fondé le Rwanda, il assiste aux combats de corps. Une vraie tête de carnaval ! N’ayant plus peur de l’enfer, il renonce enfin au paradis.

Anaïs Mannien, élève de première au lycée François 1er au Havre

Aujourd’hui, il y a peut-être un peu plus d’embouteillages que d’habitude mais c’est sans doute à cause de la pluie. Quand elle m’a appelé pour m’annoncer la nouvelle, je venais juste de quitter les « chéri, je t’aime » d’Hélène.
J’ai un enfant anormal, il n’aura pas aussi une vie très drôle. Je rentre à la maison : « Alors, gamin, t’as fui le grand méchant loup ? »
Le type a secoué la tête, comme s’il avait lu, quelque chose, dans mes yeux.
C’était bien, c’était elle, c’était toi.
Une dernière phrase comme un ultimatum, et combien tu trouves étrange qu’on te somme pour soustraire en toi une part qui résiste encore.

Et d’autres se sont un peu plus lâchés, en s’écartant des règles pour laisser parler leurs idées et leur imagination.

Alycia Guyomar, élève de première au lycée Jean Chaptal à Quimper

Tout le monde pense que les adolescents ont la belle vie. C’est vrai, ils sont nourris, logés chez papa et maman. Mais la vraie vie d’un adolescent c’est pas toujours rose, c’est à ce moment qu’il faut penser à l’avenir. Mais à dix-sept ans, qui peut se targuer d’avancer dans la vie sans une faute de parcours ? Même pas les gosses de famille, les parfaits, les irréprochables ; même pas eux, j’en suis sûre. A cet âge, on apprend la vie, on ne sait pas ce qu’il peut arriver à l’avenir. Les adolescents de nos jours disent que l’éducation d’aujourd’hui, c’est le malheur du monde. La vérité générale et abstraite est le plus précieux de tous les biens. Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Alors, écoutez-nous ! C’est nous l’avenir !

William, élève de première du lycée Jean Chaptal à Quimper

Dom Juan devint cycliste professionnel. Un jour, sur le Tour de France, il prit l’échappée avec Robinson. Dans la conversation de l’échappée, Dom Juan dit à Robinson : "Cette année, je gagne ce tour. L’amour se repose.". Robinson était très étonné, lui qui pensait que Dom Juan s’arrêterait pour parler aux femmes et que la victoire lui tendrait les bras. Alors, à 500 mètres de l’arrivée, Dom Juan lança son sprint et arracha la victoire d’un boyau. Cette victoire était tellement surprenante que la fédération française de cyclisme lui fit subir un test de dopage. Mais là, surprise ! Il avait un taux d’alcool exécrable. Après des tests approfondis, on découvrit qu’il s’était dopé au vin d’Anjou !

Pour le comité de rédaction, Tiffany, Suzanne et Yseult.