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Nada, un coeur battant pour Sébastien Spitzer - Journal du Goncourt des lycéens 2019
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Nada, un coeur battant pour Sébastien Spitzer

vendredi 29 novembre 2019comiteredaction2019

Ce jeudi 28 novembre 2019, j’ai eu l’immense plaisir de pouvoir interviewer pour une deuxième fois Sébastien Spitzer. En effet, après l’avoir rencontré une première fois lors des Rencontres régionales du 15 octobre à Rennes, j’ai été ravie de pouvoir renouveler l’expérience aujourd’hui, car le revoir plus d’un mois après notre première rencontre m’a permis d’avoir du recul grâce aux nouvelles expériences vécues autour du Goncourt des Lycéens.

Une nuit au château

Notre entrevue a commencé par une étonnante anecdote sur sa venue aux Rencontres nationales : « Je suis arrivé hier soir et j’ai dormi dans un château » . En effet, les hôtels étant tous complets, l’auteur a dû dormir dans le château de La Freslonnière situé au Rheu. « J’ai pris 600 ans en une nuit, le lit était tellement grand que je me suis perdu au réveil » .

J’ai tout gagné

Après cette entrée en matière plutôt originale, je lui ai posé mes questions :

Vous n’avez pas gagné le Goncourt des lycéens. Avez-vous été déçu ?

« J’ai tout gagné en vérité, j’ai tout gagné parce que dans les rencontres avec les élèves, avec les lycéens, il y certaines rencontres qui sortent du lot, parce qu’en deux ou trois minutes il se passe des choses très fortes, des échanges très forts qui m’ont tellement rempli, tellement enthousiasmé, que j’ai gagné » . Selon ses dires, cette expérience l’a requinqué, il a gagné en amitié, en connaissances, en positivité, et surtout en ouverture d’esprit. « Alors bien sûr Karine Tuil a remporté le Goncourt des lycéens avec son très bon livre, c’est celui qui a le plus plu et j’en suis bien heureux, mais je me réjouis de ce qui s’est passé pendant toute cette tournée ».

Je sais, personnellement, qu’en tant qu’élève l’expérience du Goncourt des Lycéens est incroyable et j’imagine bien qu’en tant qu’écrivain ça doit être fou.

« C’est fou de chaque jour aller dans une nouvelle ville, de découvrir des lycéens qui remplissent des amphithéâtres. Vous vous êtes levés, vous, les lycéens, vous avez pris le bus à cinq heures, six heures, sept heures, vous avez passé des journées dans des amphithéâtres, vous avez écouté 2, 3, 4, 5, 10, 12, 14 auteurs qui parlent les uns après les autres, vous avez été patients, vous avez lu leurs livres alors que vous avez un programme chargé pour la rentrée ; vous avez fait un travail dingue donc je vous suis infiniment reconnaissant. Nous auteurs, nous vous sommes infiniment reconnaissants d’être venus, de vous être levés tôt le matin, d’être partis tard le soir, d’avoir pris tout ce temps pour lire nos livres, d’avoir posé toutes ces questions. Vous êtes heureux, tout le monde est content, tout le monde sort content de cette expérience-là, un peu fatigués sûrement, mais contents. »

Nada l’espoir

Avez-vous des mots pour décrire toute cette aventure ?

« J’ai un souvenir que je voudrais partager avec vous, un souvenir très fort. Le dernier jour de cette tournée de rencontres dans les différentes régions, à Nancy, après les dernières questions-réponses, après la séance de dédicaces, parmi les derniers élèves lycéens qui venaient pour me demander une dédicace, est arrivée une petite fille qui s’appelle Nada. Nada s’est approchée. Quand elle était à un mètre de moi, j’ai vu qu’elle était non voyante. Et ses mots étaient : "Monsieur, j’ai beaucoup aimé votre présentation, on devrait pouvoir écouter les auteurs avant de lire leurs livres, ça donne une autre dimension au livre". Et comme un idiot je lui dis : "Mais Nada, j’espère que mon livre sera bientôt traduit en audio, enregistré en format audio". Et elle me dit : "Non non non monsieur, je l’ai déjà lu votre livre, je l’ai déjà lu et j’ai beaucoup aimé votre livre !" Nous avons eu une discussion tous les deux. Je l’ai vue, j’ai beaucoup pleuré, j’étais très touché, très ému par son témoignage parce qu’il y a un obstacle qui s’est présenté à elle, qu’elle a franchi tellement facilement : "Je lis monsieur !" On a eu une longue discussion sur l’écriture et on s’est retrouvés tous les deux dans ce pays, dans le pays de l’imaginaire, et elle m’a dit "moi j’ai vu vos personnages, j’ai vu Londres, j’ai vu Freddy" et je lui ai dit : "Nada moi aussi je les ai vus, parce que quand j’écris je suis plongé dans mon monde intérieur et je vois ce qui s’y passe, je sens ce qui s’y passe, je peux les toucher, je peux les sentir, je peux les éprouver, j’entends les bruits, je sens les odeurs". On s’est retrouvés tous les deux dans ce monde-là et quand je lui ai demandé : "Mais Nada, en espagnol, ça veut dire rien ! et pas du tout en fait. Nada en monténégrin et dans les langues de ces pays-là ça veut dire espoir. C’était une merveilleuse rencontre qui me féconde encore aujourd’hui parce que j’anime des ateliers d’écriture, je donne des conseils pour écrire des romans et depuis cette rencontre je leur dit : "voilà, fermez les yeux, vous m’avez lu un texte, très bien maintenant fermez les yeux, racontez-moi à nouveau cette scène, racontez-moi ce que vous voyez ».

Louise, pour le comité de rédaction

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